Les accras de morues, vous en avez forcément déjà vu ! Ils sont avec le boudin créole, les stars de la cuisine Antillaise. Ce sont ces petits beignets frits, fourrés à la morue, aux herbes et aux épices. Souvent proposés dans les restaurants Antillais mais finalement très répandus aussi ailleurs en guise d’apéritifs ou d’entrée. Ils nous viennent tout droit du Royaume de Dahomey. Apprenons-en plus sur ce territoire lointain et ce plat métissé.

Le Royaume de Dahomey.

« Dahomey » désigne un ancien royaume africain qui existait au Bénin tel que nous le connaissons aujourd’hui. Mais il était bien plus vaste, regroupant le Bénin mais aussi le Togo et le Ghana. Cela remonte à une époque allant du XVIIè jusqu’à a fin du XIXè siècle. Le mot « acra » en langue éwé (langue Dahoméenne) signifie beignet de légumes. Plus tard, la morue est intégrée à la recette et son appellation en éwé devient « Lozi » qui signifie littéralement « œil de caïman ». Ce terme pourtant très usité à une époque a complètement disparu dans les années 60 au profit de l’« accra ». 

Les accras de leur invention au 20è siècle.

Importée massivement par les premiers colons, la morue a longtemps constituer l’élément principal de la nourriture donnée aux esclaves. Une jolie légende raconte que c’est une Normande installée au Antilles au siècle dernier qui chercha un substitut aux pommes inexistantes sur l’ile pour faire des beignets. Une cuisinière africaine lui suggéra d’essayer la morue. Puis une 3è cuisinière, Indienne elle, proposa de relever la recette avec du piment ! Une recette métissée donc qui prendrait ses sources un peu partout dans le monde ! De nos jours ils sont déclinés à l’infini avec des produits plus rares comme la langouste ou même les oursins. Encore un exemple de met comme le homard, qui est passé du statut de repas du pauvre aux tables des nobles et des restaurants comme la Vespa des Carmes!